Recherches pharmaceutiques : focus sur les maladies menaçantes de notre société

Les firmes pharmaceutiques se concentrent sur les médicaments destinés aux maladies menaçantes de notre époque comme le cancer, la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer . Certains d’entre eux ont un potentiel de superproduction du point de vue des experts. Les chercheurs pharmaceutiques se concentrent notamment sur le cancer et la maladie d’Alzheimer, qui représentent des pathologies à la mortalité importante dans la société humaine et ne disposent encore de méthodes de traitement capables de prévenir ou guérir ces derniers.

Médecine : combiner santé et profit

Des millions de patients espèrent que les entreprises pharmaceutiques développeront des médicaments pour traiter le cancer, la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies. Le marché des médicaments est en pleine croissance – parce que les populations des pays émergents ont un meilleur accès aux soins médicaux et que de nouveaux médicaments à prix élevé arrivent sur le marché des pays industrialisés. Cependant, comme la recherche s’intéresse de plus en plus aux maladies et les divise en groupes de plus en plus petits, il devient de plus en plus difficile pour les entreprises pharmaceutiques de mettre sur le marché des médicaments à succès, c’est-à-dire des médicaments dont les ventes se chiffrent en milliards.

Les experts voient un énorme potentiel pour les entreprises dans les domaines du cancer et de la maladie d’Alzheimer en particulier. Et pour les patients, comme un espoir de thérapie. En effet, toute entreprise pharmaceutique verra une opportunité de percer avec l’introduction d’un médicament ou traitement innovant dans le domaine de la santé. Le risque d’échec est bien entendu important, mais il faut souligner que la recherche scientifique, surtout en médecine, ne garantit presque jamais de résultat satisfaisant aux termes d’une étude.

Une recherche en expansion

Selon les enquêtes menées par l’industrie, il y a eu plus de 300 développements de médicaments pour lesquels une approbation semblait possible dont plus d’un tiers d’entre elles sont des thérapies contre le cancer. D’une part, cela est dû à la fréquence et à la menace de la maladie, par exemple en Allemagne, il y a 500 000 nouveaux cas de cancer chaque année et les statistiques montrent que 230 000 personnes meurent de cette maladie. D’autre part, l’industrie bénéficie aujourd’hui de la recherche fondamentale menée depuis la fin des années 1980. De nombreux médicaments sont déjà disponibles aujourd’hui et les taux de survie ont fortement augmenté. La source d’espoir actuelle est ce qu’on appelle l’immunoncologie, qui consiste à mobiliser les défenses immunitaires de l’organisme pour lutter contre le cancer.

Beaucoup est également développé contre les maladies inflammatoires ou auto-immunes. Il s’agit notamment de la sclérose en plaques (SEP), de la polyarthrite rhumatoïde, de l’asthme et des maladies inflammatoires de l’intestin. Des travaux sont également en cours sur de nouveaux antibiotiques pour combattre les bactéries malgré une résistance croissante. En outre, il existe des vaccins : selon les experts, 72 nouveaux vaccins sont actuellement testés dans le cadre d’études contre 26 maladies. D’une part, des maladies populaires que dans une certaine partie du monde telles que le virus Ebola, le virus Zika ou la dengue, et qui ne recevaient auparavant que peu d’attention, gagnent en importance. D’autre part, les progrès technologiques permettent en plus de développer des vaccins qui étaient jusqu’alors inimaginables.

La maladie d’Alzheimer : la star de la recherche en médecine

Les chercheurs recherchent d’urgence un moyen de maîtriser la maladie d’Alzheimer, surtout au vu du vieillissement de la société et de l’augmentation du nombre de patients qui en résulte. Ces dernières années, de nombreuses entreprises pharmaceutiques ont travaillé d’arrache-pied sur cette maladie, mais il existe maintenant un certain nombre de nouvelles approches. Par ailleurs la médecine moderne considère la maladie d’Alzheimer comme étant le prochain grand sujet de la recherche pharmaceutique.

Cependant, par rapport à l’oncologie, la recherche fondamentale est plus complexe dans ce domaine, et le cerveau humain est plus difficile à étudier. Jusqu’à présent, l’accent a été mis sur les médicaments qui ralentissent le développement de la maladie et quelque chose qui l’arrête complètement n’a pas encore été découvert. En outre, le traitement proposé au patient jusqu’à présent consiste uniquement à ralentir la progression de la maladie, mais avec l’émergence de nouvelles méthodes de soins avancés, il sera probablement possible d’inhiber voir inverser son développement.

Biotechnologie : un marché virulent

Les médicaments produits par la biotechnologie gagnent également du terrain, c’est-à-dire les médicaments qui ne sont pas produits chimiquement mais dans une cellule vivante. Selon les calculs, leur part du marché pharmaceutique mondial était de 21 % et pourrait atteindre 28 % quelques années. Les entreprises pharmaceutiques développent en outre leur production biotechnologique et partent du principe qu’à moyen terme, la part des ventes augmentera pour atteindre 50 %.

Dans certaines entreprises, 40 % des nouvelles substances actives dans les pipelines sont désormais produites de manière biotechnologique. Cela est principalement dû à un type de substance active très polyvalente : les anticorps monoclonaux. Ces anticorps sont modelés sur les molécules de défense humaines. Ils pourraient être “conçus” génétiquement par des chercheurs pour une tâche spécifique. Par exemple, pour qu’ils interceptent les hormones d’inflammation dans le corps ou transportent les toxines spécifiquement vers les cellules cancéreuses.

Une technologie qui devra faire ces preuves

Les pharmaciens s’attendent donc à un nouvel essor des thérapies bio-pharmaceutiques grâce au nouveau système mis en place. Le processus a été récemment découvert et est considéré comme une révolution dans le domaine du génie génétique. Cette technologie permet de couper et de modifier des parties de l’ADN de manière rapide et précise et les chercheurs espèrent même trouver des solutions dans la lutte contre les maladies héréditaires. Les critiques, cependant, craignent des interventions éthiquement douteuses dans l’ADN humain. Les experts estiment qu’il faudra des années avant que les thérapies basées sur cette technologie ne soient approuvées.