Comment lutter contre les perturbateurs endocriniens nuisibles ?

Des dispositions plus strictes sur la  protection contre perturbateur endocrinien nuisible sont nécessaires. Les perturbateurs endocriniens sont très controversés en raison de leurs risques potentiels pour la santé. En juillet, les critères de l’UE pour les produits phytopharmaceutiques ont été adoptés, ce qui permet d’identifier les EDC et de refuser les autorisations si nécessaire.

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens (EDC), également connus sous le nom de “endocrine disrupters”, sont très controversés en raison de leur potentiel à nuire à la santé. En juillet, des critères pour les produits phytopharmaceutiques ont été adoptés, ce qui permet d’identifier les EDC et de refuser les autorisations si nécessaire. Ces critères sont insuffisants.

Ils offrent notamment des failles pour les produits chimiques de lutte contre les parasites qui sont fabriqués pour interférer avec le système hormonal des insectes. Les experts de la DGE expliqueront pourquoi les ECD sont dangereux pour les humains et les animaux, comme le montre l’exemple du scandale des œufs de fipronil, et comment les décideurs politiques devraient réagir.

Les perturbateurs endocriniens (PDE) sont présents dans les emballages en plastique, les aliments prêts à l’emploi, les cosmétiques et les pesticides. Il s’agit de substances synthétiques ou naturelles largement utilisées qui peuvent interférer avec l’équilibre hormonal du corps. Les experts savent depuis longtemps que les ECD peuvent affecter la santé. Certaines des substances chimiques agissent comme des hormones et se lient à un récepteur hormonal dans le corps. D’autres bloquent les récepteurs hormonaux et empêchent ainsi les propres hormones de l’organisme de se fixer et de devenir efficaces. D’autres substances interfèrent avec la production ou la conversion des propres hormones de l’organisme et déséquilibrent ainsi le système hormonal finement équilibré. Depuis des décennies, nous observons une diminution croissante de la fertilité masculine et féminine. Par exemple, cinq à dix pour cent des femmes en âge de procréer souffrent du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui est responsable de troubles du cycle, de kystes dans les ovaires et de l’absence d’enfant non désiré. Il y a plus de tumeurs hormono-dépendantes, c’est-à-dire plus de cancers de la prostate, des testicules et du sein, les adolescents atteignent la puberté plus tôt, l’obésité et le diabète augmentent ainsi que les troubles du développement chez les enfants. Bien que ce soient toujours des groupes de causes qui provoquent des maladies, il ne fait aucun doute que certains EDC tels que les bisphénols ou les phtalates sont impliqués, tous deux utilisés dans la production de plastiques, de nombreux articles ménagers et de produits d’hygiène personnelle.

Les dispositions de protection contre perturbateur endocrinien nuisible

Début juillet 2017, les représentants des États membres de l’UE ont approuvé une proposition de la Commission européenne sur les critères scientifiques pour la détermination des perturbateurs endocriniens dans le domaine des produits phytopharmaceutiques. Ce qui semble bon à première vue est, en y regardant de plus près, une affaire sans intérêt. Les critères de la Commission européenne laissent des lacunes ouvertes. Il existe des exceptions pour certains pesticides utilisés en agriculture qui ont un mécanisme d’action spécifique pour intervenir dans le système endocrinien du parasite et l’empêcher ainsi de se reproduire. Le fipronil en est un bon exemple. Il agit comme un EDC pour le cerveau et le système nerveux et sur la progéniture. Chez l’homme et les mammifères, il ne s’agit pas du même récepteur d’hormones stéroïdiennes du sexe que chez les insectes, mais les premiers ont un groupe de récepteurs apparentés. Cela pourrait donc conduire aux maladies déjà mentionnées. L’ensemble de critères de l’UE conduira au fait que les produits chimiques qui sont développés comme EDC ne peuvent pas être classés comme EDC. Cela n’empêcherait pas leur approbation.

Les experts ont longtemps souhaité une action politique plus importante, similaire à celle prise pour les cancérigènes : les dioxines, par exemple, dont les propriétés cancérigènes ont été prouvées par des études, ont été fortement réduites dans l’environnement grâce à des mesures techniques et juridiques au niveau politique. Des interdictions ont également été appliquées, comme pour les hydrocarbures chlorés PCP (pentachlorophénol) ou les polychlorobiphényles (PCB). Ils étaient utilisés comme plastifiants dans les plastiques et comme additifs pour les peintures et les mastics d’étanchéité. Comme pour les substances cancérigènes, le principe de précaution devrait prévaloir en politique : Même la suspicion d’un risque pour la santé devrait être suffisante pour retirer une substance du marché.

La DGE soutient la position des grandes sociétés endocrinologiques internationales, qui avaient clairement mis en garde contre l’adoption de ces critères de l’UE – sans succès. Des mesures éducatives pour des groupes de population particuliers comme les femmes enceintes et un plan d’action national pour la protection contre ces perturbateurs endocriniens sont indispensables.